Débat sur la situation financière de Sceaux.

Tous les candidats aux élections municipales diffusent leur analyse de la situation financière de la ville. L’un des enjeux de cette élection municipale semble être de trouver comment redresser la situation. Si le constat est largement partagé, les solutions proposées vont des plus sérieuses aux plus fantaisistes. Analysons les principales propositions.

Voilà plusieurs années que la situation financière de Sceaux est préoccupante. A chaque vote annuel du budget, des élus tirent la sonnettes d’alarme. Le débat a pris de l’ampleur en 2024, après la publication par la Chambre régionale des comptes (CRC) d’Île-de-France des résultats de son contrôle des comptes de la commune de Sceaux. Son rapport est édifiant : « La gestion financière de la commune ne permet pas de dégager de nouvelles marges de manœuvre« , « L’encours de dette de la commune est très élevé au regard du nombre de ses habitants« .

Le constat est là. L’endettement de la ville est deux fois supérieur à celui des communes comparables, les dépenses de fonctionnement sont imposantes, en hausse régulières, et les impôts locaux ont augmenté de 32 % en cinq ans. Les tarifs des services publics sont élevés pour de nombreux habitants. Les investissements sont concentrés sur des opérations de prestige et couteuses. N’est-il pas temps d’agir pour redresser les finances de la ville ?

L’aveuglement de la municipalité sortante.

Malgré l’alerte de la Chambre régionale des comptes, c’est la continuité qui prime pour la municipalité sortante qui déclare que « la gestion est maitrisée, la situation financière saine« . Mais chaque année, les charges de fonctionnement progressent (+ 27 % en 5 ans) plus vite que les recettes malgré une taxe foncière qui a bondi (+ 75 % en 5 ans). Ce ne serait que la conséquence de la politique gouvernementale qui affaiblit les collectivités locales, se défend le maire dont la liste représente pourtant les partis qui décident de cette politique. La liste du maire n’annonce donc aucune mesure pour corriger la situation de la ville, si ce n’est de poursuivre la politique de coopération avec les communes voisines et le Département.

La ville de Sceaux a organisé en 2024 une exposition pour tenter de renforcer la compréhension de l’action publique et pour expliquer que la taxe foncière constitue une ressource essentielle du budget municipal.

Les propositions irréalistes des autres listes de droite

Priorité au remboursement de la dette pour les autres listes de droite. Mais, d’un coté, une baisse des impôts est promise, de l’autre, aucune réelle économie n’est annoncée. Le déficit va donc s’accroire d’autant plus que chacun y va de ses nouvelles dépenses plus importantes les unes que les autres. Face à ces contradictions, la solutions miracle qui est avancée serait de vendre au privé des actifs immobiliers de la ville, c’est-à-dire une partie du patrimoine public. Le métier d’agent immobilier de plusieurs candidats transparait dans cette idée. Mais là encore la solution, loin d’être durable, reste limitée. Pour une dette de 50 M€, ceux qui veulent que la ville se dessaisisse de ses biens imaginent au mieux 1 M€ de cessions par an. Et que va-t-on brader au privé ? Pas de proposition ! D’autant plus que, sur les 5 dernières années, ce qui était vendable a été vendu, pour 9 M€.

Finalement, cette logique financière basée sur moins d’impôts et le remboursement rapide de la dette ne peut conduire qu’à rechercher des économies. Mais il est difficile d’annoncer que ce sont les services publics locaux et le personnel qui sont visés. Stabiliser les charges de personnel, comme cela est imaginé, conduirait à devoir réduire les effectifs compte tenu des augmentations salariales que ne maitrise pas la ville. Il ne restera donc plus qu’à augmenter des tarifs des services publics. Ceux des crèches, de l’accueil de loisir, des cantines, des repas portés à domiciles, des ateliers jeunesse ?

Les solutions de la liste de la gauche

Point de promesses irréalistes pour la liste Sceaux agir en commun. Selon elle, baisser les impôts n’est pas envisageable aujourd’hui mais toute nouvelle hausse des taux semble exclue. La solution serait d’agir à budget constant en cherchant à réorienter 10 % du fonctionnement afin de dégager 5 M€ pour des priorités sociales et environnementales.

Réorienter le budget, permettrait de financer des projets comme la refonte du quotient familial et de la tarification des services municipaux pour plus d’équité et de justice. L’objectif annoncé est que 10% des bénéficiaires puissent profiter du tarif le plus bas, au lieu de 3% aujourd’hui, et que les revenus moyens ne soient plus au tarif maximum, comme c’est le cas actuellement. Autre proposition qui a un coût, l’augmentation de 30% du montant des subventions aux associations sociales et culturelles et aux clubs sportifs pour permettre des tarifs modulés et renforcer leurs activités, notamment en direction de la jeunesse.

Coté économie, travailler plus étroitement avec les communes voisines et l’intercommunalité VSGP pour dégager des synergies et des économies semblent possibles.
Pour s’attaquer à réduire progressivement le surendettement, il faudrait s’abstenir ou différer les nouveaux investissements coûteux et non essentiels. Quand on y pense, certains investissements auraient mérité d’être reconsidérés : espace sport et santé : 2,8 M€, nouvelle crèche : 8 M€ . troisième bulle de tennis : 1 M€, place des Ailantes: 2,5 M€, Château de l’Amiral : 5,5 M€, parvis de l’Église (place Frédéric Mistral), 2,8 M€. Face au surendettement, il faut investir raisonnablement et privilégier l’entretien du patrimoine communal.