15 mars 2026, premier tour des élections municipales. Un peu de transparence est nécessaire pour mieux connaître les listes en présence. Quelles orientations politiques ont-elles ? Quelles campagnes mènent-elles ?
Six listes se présentent à Sceaux pour des élections municipales de mars prochain. Comme à l’accoutumée dans notre commune, la droite est divisée et pas moins de 5 listes la représentent sans qu’elles osent toutes afficher leurs soutiens politiques. Il faudra s’attendre à des regroupements au second tour. Pour la gauche, c’est plus simple, il y a une seule liste. Passons rapidement en revue la situation électorale à Sceaux.

Au sein de la droite, cinq listes tentent leur chance au premier tour des élections. Au second tour, toutes ne pourrons se maintenir et certaines fusionneront certainement ce qui en dira long sur leur accointances. Toutes les alliance sont possibles pour « gagner ».
« Sceaux village 3.0 »
Pas vraiment apolitique
Peu d’ambiguïté sur le positionnement de cette liste qui affiche ses valeurs : travail, famille, responsabilité individuelle, opposition à l’État providence, attachement aux traditions françaises. D’autant plus que le numéro deux de la liste fut un candidat Front national aux élections départementales de 2015. Une appartenance qu’il n’indique pas. Le futur conseil municipal de Sceaux va-t-il compter un élu d’extrême-droite ?
Selon le CV personnel de la candidate, Claire Bourdier-Lignon, on apprend qu’elle est gérante d’agences immobilières (domiciliées hors de la France métropolitaine), et qu’elle préside actuellement l’association des commerçants. « Je suis dans la mouvance catho et gaulliste devenu LR », reconnait aussi la candidate qui se présente à des élections « sans ambition politique ».
Le programme présenté est une liste à la Prévert d’actions nouvelles, non chiffrées. Mais, dans le même temps, il est indiqué « qu’il faut faite des économies » et une baisse des impôts est promise. Certaines propositions sont plus que surprenantes – et traduisent un penchant pour la gestion immobilière – comme l’idée de déloger les habitants des Blagis, détruire les logements sociaux et mener une opération immobilière privée en accès à la propriété. Ou encore, de transformer la Maison Renaudin pour en faire des logements !
On remarquera aussi l’orientation tout-voiture de la liste : « re-créer des places de stationnement« , « revoir le coût du stationnement« , et attirer davantage de voitures sur Sceaux en lançant « une grande campagne d’accueil et de renouveau autour du stationnement« . Un retour aux années 70, époque où les commerçants s’opposaient à la piétonisation de la rue Houdan !

« Sceaux Renouveau »
À la droite de la droite
Le tout nouveau président de l’association « La voix des Scéens » s’est aussi lancé dans la bataille pour la mairie de Sceaux. Son portrait géant et son nom, Flavien Poupinel, s’affichent en ville, parfois recouverts d’une mention anonyme indiquant qu’il n’habite pas Sceaux. Une plaquette luxueuse de 18 pages, digne d’un document publicitaire, a présenté une ribambelle d’annonces se voulant « de bon sens ». Les propositions, pleines de belles promesses parfaitement électoralistes, appellent à recentrer les dépenses sur la sécurité, la voirie, les espaces verts. Des promesses pas chiffrées et pas finançables dès lors qu’il veut en priorité limiter les impôts et rembourser la dette.
La liste se déclare « sans étiquette politique ». Pourtant cet agent immobilier, et d’autre candidat de sa liste, étaient présents en 2020 sur la liste de droite conduite à l’époque par Xavier Tamby. Et sur la liste figure aussi une candidate aux élections législatives de 2007 dans notre circonscription sous les couleurs du Mouvement pour la France, mouvement de Philippe de Villers qui a apporté son soutien en 2022 à la candidature présidentielle d’Eric Zemour. Et « La voix des Scéens » est un groupe politique local toujours positionné très à droite.
Aujourd’hui, la liste se revendiquant « La voix des Scéens » ne fait manifestement pas l’unanimité dans son entourage. Xavier Tamby, qui se définit comme un homme de droite, estime dans la Gazette que « la Voix des Scéens se suicide dans une aventure solitaire et affligeante à laquelle bien évidemment je ne participerai pas » . Même au sein de l’association, cette aventure ne convainc pas tout le monde, certains notant une trop forte proximité avec Reconquête, le parti d’Eric Zemmour. Ce parti d’extrême-droite a réalisé, à Sceaux, 1,18% lors des dernières élections législatives et 7,9% lors des élections présidentielles de 2022.

« Sceaux ensemble »
Faute de mieux, Jean-Christophe Dessanges risque une candidature
Une autre liste à droite est présente avec le conseiller municipal, Jean-Christophe Dessanges qui était en 2020 sur une liste avec Xavier Tamby et Maud Bonté. Soutien fidèle de notre ex-députée, Maud Bregeon, aujourd’hui porte parole du gouvernement, ce candidat qui fut investi par le parti présidentiel En Marche, se présente sans révéler d’appartenance politique. Pourtant, il est membre du bureau départemental du parti macroniste et a défendu systématiquement la politique gouvernementale lors des Conseils municipaux. Mais il n’a pas trouvé sa place au sein de la majorité municipale malgré le rapprochement du maire avec notre ex-députée et le glissement de membres de sa liste de 2020 qui ont rejoint celle du maire.
Coté programme, le candidat se demande si « la gestion actuelle est-elle encore adaptée ?« . Et, comme les autres listes de droite qui s’attaquent au maire, il denonce « la pression fiscale très élevée, une dette importante ». La solution est toujours la même : « faire des économies » mais sans réelles explication pour « réaliser l’économie de 3,5 M€ » et « réduite la dette de 10M€« .
« Aimer Sceaux »
La candidature de Maud Bonté
Une liste est portée par Maud Bonté, conseillère municipale élue en 2020 sur une liste de droite conduite par Jean-Christophe Dessanges et Xavier Tamby. À l’origine de contestations virulentes contre le maire, elle affirme ses priorités : préserver les quartiers pavillonnaires, garder les arbres, cesser les acquisitions inutiles faites par la ville… Les services publics, l’action sociale, la solidarité, autant de priorités oubliées. La liste, comme les autres listes de droite, se dit indépendante des partis politiques.
« Vivre à Sceaux »
La liste de la majorité présidentielle, conduite par le maire
Le maire mène campagne depuis le début de l’année 2025. Le voilà candidat pour un 5ème mandat, lui qui siège au Conseil municipal depuis déjà 48 ans. « C’est une drogue », a-t-il déclaré sur une radio nationale. Un maire qui cumule aussi de très nombreuses autres fonctions politiques, au risque de délaisser la ville.
« Une liste d’union et de large rassemblement » est-il écrit, mais rien n’est dit sur l’appartenance de la liste. Or les candidats sont issus principalement des partis de la majorité présidentielle (Républicains, UDI, Horizon et Renaissance).
Pas de renouvellement de l’équipe. Sur les 15 premiers candidats de la liste seulement deux ne sont pas des élus sortants.
Le positionnement de la liste est des plus simples : « Notre ville a besoin de stabilité, de continuité » , « je vous propose de poursuivre » . Il n’est pas certain que cela réponde au mécontentement d’une part croissante des Scéens et Scéennes.

La campagne de cette liste a débuté par des affiches ludiques. Et des jeux de mots : « Un maire qui a des Sceauxlutions » . Cela ne relève pas vraiment le débat public et laisse à penser que les élections ne sont, pour notre maire, qu’un jeu. D’autres affiches, signées de ses seules initiales, revendiquent son expérience. Une communication centrée sur sa seule personne.
Le maire conduit sa campagne en profitant des moyens de la ville
L’initiative « Parlons ensemble de Sceaux » de juin dernier a permis à la municipalité sortante de conduire une large opération de communication seulement quelques semaines avant le premier septembre, date officielle du début de campagne pour les élections municipales (voir l'article ici). Autre exemple, la diffusion d'un document de la ville dressant un bilan élogieux de l'action de la municipalité aux Blagis vante l'action du maire en utilisant le budget de la ville et pendant la période électorale. L'inauguration de la place des Ailantes en février a aussi permis un petit évènement de promotion. Et les publications du maire sur ses réseaux sociaux utilisent largement les images et vidéo réalisées par la ville, ce qui est interdit pour tous les candidats.
« Sceaux, agir en commun »
La liste de la gauche citoyenne conduite par Liliane Wietzerbin
Face à la liste de droite conduite par le maire, la gauche sera présente à Sceaux avec une liste conduite par une femme, Liliane Wietzerbin, conseillère municipale depuis 2020. La liste, qui rassemble des citoyennes et citoyens engagés dans la vie associative locale, s’affiche autour des valeurs démocratiques, sociales et écologistes de la gauche. Elle porte un projet municipal alternatif fondé sur le respect et l’écoute des Scéennes et des Scéens. La liste, qui ne cache pas son positionnement à gauche, compte d’anciens élus écologistes et socialistes et a reçu le soutien des groupes locaux de Place publique, le parti de Raphaël Glucksmann, du Parti socialiste et du PCF. A noter que l’élu écologiste sortant, qui avait été tête de liste en 2020, ne participe pas à la liste de gauche en 2026, « du fait d’un profond désaccord de méthode« .
« Loin de toute radicalité et des illusions populistes« , cette gauche citoyenne appelle les électeurs à lui faire confiance pour conduire l’avenir de notre ville. Dès le début de la campagne elle a affiché sa composition et a présenté ses candidats. Une équipe qui travaille ensemble depuis plusieurs années.
Les candidats ont tenu cinq réunions publiques sous diverses formes. Réunions par quartier au Petit-Chambord, au Clos Saint Marcel, aux Blagis, au centre-ville, permanences tous les mardi de 19h30 à 21h. Et aussi un spectacle-débat autour d’une pièce de théâtre qui a fait salle comble à l’Ancienne mairie. Une initiative tout à fait novatrice, qui a réuni des habitants de tous les quartiers.
Lors des dernières élections législatives, le candidat de la gauche avait atteint 40 % des voix sur Sceaux.
