Une épicerie solidaire à Sceaux, un projet qui cherche à se construire.

L’épicerie solidaire, qui était située à Fontenay-aux-Roses, devrait ouvrir à Sceaux, aux Blagis. Le projet dépasse le cadre d’une simple épicerie. Porté par le Secours catholique, il demande la mobilisation de nombreuses associations locales. Le nouveau lieu aura-t-il les moyens de fonctionner ?

L’épicerie solidaire, qui était située à Fontenay-aux-Roses, est dans l’obligation de quitter son local. La rénovation urbaine du quartier des Paradis, menée par la mairie, ne lui laisse plus de place. Gérée par le Secours catholique du département, l’épicerie va s’installer à Sceaux.

Un local, qui fut agence bancaire au 49 rue de Bagneux à Sceaux, était disponible. Hauts-de-Seine Habitat, a proposé de le réaménager et de le louer à la ville de Sceaux pour le mettre à la disposition du Secours catholique.

Jusqu’à récemment l’épicerie solidaire accueillait un jour et demi par semaine une centaine de familles en difficultés qui venaient faire leurs courses avec 50 à 70% de réduction sur les produits.

Lors du conseil municipal de Sceaux, le 19 février 2026, la municipalité à présenter le nouveau projet.

Moyennant une charge de loyer de 700€ mensuel, la ville demande au Secours catholique de transférer dans le nouveau local des Blagis son épicerie solidaire mais aussi que le lieu soit ouvert 6 jours par semaine.  De nouvelles activités sont à assurer notamment des permanences d’accès aux droits, des temps d’accueil conviviaux, des évènements festifs, des ateliers cuisine et de repas partagés, des ateliers linguistiques et administratif, un accompagnement des personnes en situation de grande précarité.  

Le projet compte grandement sur le bénévolat associatif

Comment peut fonctionner une épicerie solidaire et un lieu d’accueil de personnes en situation de précarité entièrement géré par des bénévoles ? L’aide de la ville se limitant simplement au loyer sans même financer les charges locatives d’un local de 220 m2. Cet engagement très limité de la ville semble un peu facile et même un peu risqué à trop compter sur le bénévolat associatif. Liliane Wietzerbin, conseillère municipale du groupe Sceaux en commun, est intervenue pour s’inquiéter du si faible engagement de la municipalité.

Ceci explique qu’aucune donnée financière n’accompagnait le projet de délibération. Quel sera le budget de ce lieu ? Qui financera le fonctionnement des activités, les intervenants éventuels et les charges d’entretien d’un local qui va accueillir du public ?

Bon nombre des missions données à ce nouveau lieu sont déjà assurées par le Centre social et culturel des Blagis (CSCB), distant de 100 mètres. Or pour accueillir des habitants, mettre en œuvre ses activités, le CSCB fonctionne avec une centaine de bénévole mais aussi une dizaine de salariés et un budget annuel de l’ordre de 1 M€, dont 1/3 provient d’une subvention municipale. Pour ouvrir 6 jours par semaine, accueillir les habitants, développer une accompagnement social notamment pour les jeunes, soutenir les familles et les seniors, il faut une structure solide et des moyens.

Le Secours catholique s’est donc lancé dans la recherche tout azimut de bénévoles et démarche les autres associations locales. L’équipe salariée du Secours catholique départementale, qui conduit actuellement le projet, sera en soutien aux bénévoles du lieu. Mais il a été expliqué que cet appui sera forcément restreint et n’interviendra qu’au démarrage car les moyens du Secours catholique sont faibles.

Comment le lieu sera-t-il géré ?

Le CSCB, ADT Quart monde, la Croix rouge de Sceaux, les Scouts et guides de France, les Resto du cœur et une dizaine d’autres associations, sont à l’écoute du projet.  Mais rien n’est précis sur les rapports possibles entre ce lieu et les autres acteurs associatifs. Le Secours catholique prend l’entière responsabilité du lieu et sera le seul interlocuteur de la ville de Sceaux dont le rôle et l’implication, si ce n’est la convention sur le loyer, ne sont pas précisés.  
De nombreuses associations sollicitées se questionnent sur cette gouvernance.

N’aurait-il pas fallu créer une structure spécifique pour administrer ce lieu ?Si une association avait été créée pour prendre en charge le projet, elle aurait pu rassembler les acteurs locaux impliqués, au premier rang desquels le Secours catholique. La gouvernance aurait été plus transparente. Des demandes de subventions auraient pu être faites pour cette structure, notamment auprès des autres villes. Un budget propre à l’activité du lieu aurait alors été disponible.

Mais il serait dommage que le projet ne soit pas mené à bien. Aux Blagis, de nombreuses familles ont besoin de trouver des produits de première nécessité à des prix abordables et de nombreuses personnes en situation de grande précarité méritent d’être accueillis et accompagnées.